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20 Mai 2012, St Bernardin

Fans de muriel baptiste

BOHEMIENNE A MIDI ET INFIRMIERE LE SOIR

MURIEL BAPTISTE SERA REINE DANS « LES ROIS MAUDITS »

 

Cette semaine, cinq ans s’écouleront chaque jour entre 12h30 et 20h15. A 12h30, sur la 1er chaîne, la télévision rediffuse « La Princesse du rail », un feuilleton qui révéla en 1967 une jeune comédienne au talent charmant  et déjà très personnel : Muriel Baptiste. A 20h15, toujours sur la première chaîne, un feuilleton nouveau de Roger Burckhardt que l’on peut suivre depuis deux semaines déjà « Les Dernières volontés de Richard Lagrange » vous propose une jeune vedette dans le rôle d’une fille comme les autres à qui il arrive des choses pas comme aux autres : Muriel Baptiste. Entre ces deux personnages que nous pourrons voir au cours de la même journée se situe une carrière qui est passée par le théâtre (« Gigi », « Tchao »), par le cinéma (« Les sultans », « La cavale ») et naturellement par la télévision avec  surtout deux œuvres que nous verrons la saison prochaine : « La Double vie de Mademoiselle de la Faille », une histoire de réincarnation réalisée par Michel Subiela, et « Les Rois maudits » , d’après Maurice Druon, six épisodes d’une heure réalisés par Claude Barma où elle sera la reine Margot.

 

Muriel Baptiste ne sait trop si elle doit être contente ou mécontente de cette double programmation.

Vous croyez que c'est bon pour moi? Deux fois par jour, c'est drôle! Je ne vais plus pouvoir regarder la télévision"

Et Muriel d’expliquer qu’elle a horreur de se voir à l’écran. Elle éprouve une très désagréable impression, indéfinissable mais insupportable. Ce qui lui vaut quelquefois de bien fâcheuses.
"Le soir de la première de Gala des "Sultans", j'avais promis à Jean Delannoy, le metteur en scène, de venir et il m'avait réservé une place près de lui. J'avais même acheté une robe longue exprès pour cette occasion. Une fois maquillée et habillée, j'ai été prise d'une telle panique que je suis restée clouée sur place. On m'attend encore!"

- Je suppose que vous n’avez donc pas vu « Les Dernières volontés de Richard Lagrange » dont le premier titre était d’ailleurs « Une fille comme les autres ». Quel genre de personnage êtes-vous ?

"Une fille pas tellement comme les autres, parce que le rôle a été un peu modifié en cours de tournage. Il a, je crois, plus de force et de caractère qu'au départ. Cette fille a son destin d'infirmière bouleversé par le testament d'un homme qui est peut être son père. Elle doit affronter une série d'évènements. Ce n'est pas simple, mais elle est de taille à leur faire face."

- On a l’impression en effet que la petite gitane de « La Princesse du rail » a pris de l’assurance et qu’elle sait fort bien ce qu’elle veut. Mais s’agit-il de vous ou des personnages que vous incarnez ?

Muriel met la tête dans ses mains avec un geste de petite fille à qui l’on pose une question difficile.

"Je ne sais pas, je ne choisis pas mes rôles en fonction de leur importance mais de leur caractère. Qu'ils soient comiques ou dramatiques ou les deux - le rêve! - il faut que le personnage intéresse, qu'il vive, qu'il agisse. Voilà, je crois que je deviens de plus en plus exigeante sur ce point. Et il m'est arrivé de refuser des tas de choses jusqu'à ce que je trouve le rôle dont j'ai envie".

- Quand vous regardez en arrière, comme ça très rapidement, quels sont les rôles qui vous ont marquée, ceux qui restent au-dessus du lot ?

"D'abord, il y a eu "Gigi", celui de mes débuts, passionnant en lui-même et qui plus est pour moi l'image même d'une chance extraordinaire, celle d'avoir été choisie alors que je ne connaissais personne ou presque dans le métier. Il y avait deux mois que je prenais des cours à la suite d'un concours de circonstances incroyable: un metteur en scène italien voit ma photo dans un magazine. Il me cherche partout, me trouve chez Catherine Harlé où je posais pour des photos publicitaires, me fait prendre des cours de comédie alors que je n'y pensais nullement - moi mon rêve c'était d'être journaliste - et au bout du compte le film ne se fait pas... mais je suis choisie pour "Gigi"!

 

Ensuite, il y a eu des rôles intéressants (« Tchao » avec Pierre Brasseur, par exemple) au cours desquels l’ingénue est devenue une jeune femme à la personnalité, douée d’une incontestable présence. Mais le rôle le plus récent, le plus difficile et le plus beau que Muriel ait  joué est celui de Marguerite de Bourgogne dans « Les Rois maudits », un rôle qui au début est celui d’une jeune reine heureuse et gaie, pour devenir celui d’une femme martyre sombrant dans la folie et dans la mort. Muriel Baptiste a beaucoup souffert pour incarner ce personnage mais elle en parle encore avec une lumière admirative dans les yeux :


"Je ne savais pas que j'avais tout ça en moi. Le travail a été merveilleux mais épuisant. J'ai été malade après. Il m'a fallu me reposer, voyager pour enfin me retrouver et je n'ai rien fait depuis. C'était en mars (1972)."

- Et naturellement, vous n’avez pas vu en projection ce que vous avez fait ?

 

Muriel rit malicieusement :


"Barma m'a dit que c'était formidable, je préfère rêver le plus longtemps possible avant de juger".

J'kaz !
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Mardi 08 Mai 2012Poster un commentaire

Elle était fantastique, magnifique, et a enchanté mon enfance et adolescence. Sous l'ORTF, elle passait d'un feuilleton à l'autre. Le point culminant fut l'année 1972-1973.
Je l'avais découverte dans "la princesse du rail" aux côtés de Jacques Santi. Une bohémienne nommée Annunciata, une belle brune aux cheveux longs. Le feuilleton se terminait mal, pour elle, mais comme on dit, c'était du cinéma.
Je collais ses photos, ses interviews dans des cahiers. Les feuilletons se succédèrent: et puis un jour LE rôle. Marguerite de Bourgogne dans "les rois maudits", aux côtés de Jean Piat. Noël 1972. Elle mourrait tragiquement à la fin du second épisode.
Muriel Baptiste, un nom magique, en 72, j'avais 13 ans et elle occupait tout mon esprit.
Muriel et Marguerite se confondant un peu en moi, j'ai vu le fameux CHATEAU GAILLARD aux Andelys, ou en 1315, la reine Marguerite de Bourgogne, restituée avec tant de talent par Muriel, a été assassinée. Enfin, les ruines de CHATEAU GAILLARD évidemment.
Et puis, en 74, deux seules apparitions: un téléfilm (à l'époque on disait "une dramatique": la double vie de mademoiselle de la FAYE", et un épisode d'une navrante série, "un curé de choc" avec jean Sagols.
Après, plus rien, sauf peut être du théâtre?
Le cinéma lui avait offert un rôle dans "les risques du métier" avec jacques Brel, et aussi deux films: "les sultans" et "la cavale". Puis la TV l'avait accaparée.
En 75, "les rois maudits" repassèrent. A l'époque, les magnétoscopes, les dvd n'existaient pas, chaque diffusion était précieuse.
En 1987, j'avais bien grandi (j'ai eu ma fille cette année là) et ce fut la 3e diffusion des "rois maudits". Muriel toujours invisible, j'entrepris de savoir ce qu'elle était devenue, allant jusqu'à démarcher CLAUDE BARMA! Sa secrétaire me répondit: "Claude barma non plus n'a pas de nouvelles de Muriel Baptiste". Barma est décédé en 1992.  Le comédien Jean Piat, auquel j’écrivis, me répondit à son tour gentiment en 1990 que depuis le feuilleton, il n’avait jamais revu Muriel, sa partenaire des « rois maudits ».
Mon « enquête » si l'on peut dire aboutit à ce qu'elle avait un projet au théâtre en 1977, non concrétisé, et qu'elle avait figuré dans l'annuaire professionnels des comédiens jusqu'en 1982.
Je l'imaginais loin des studios, ayant quitté le métier, mariée, heureuse, maman, que sais-je encore.
Et puis France 2 a décidé de faire un très mauvais remake des "rois maudits". L'actrice Hélène Duc, qui jouait dans la version 72, tient un petit rôle dans le remake, et a donné une interview au journaliste Mathieu Brughera:
"Il n'y a pas de malédiction sur ceux qui tournent dans les rois maudits. Le seul drame concerne la comédienne Muriel Baptiste qui jouait dans la première version. Cette jeune comédienne qui débutait était remarquable. Et pourtant elle n'a eu aucun succès. Elle s'est suicidée. J'ai eu beaucoup de peine".
Mme DUC, vous n'êtes pas la seule. J'ai donné cette info sur le site france 2 des "rois maudits" et découvert toute une série de messages de fans qui ne l'ont pas oublié et sont consternés. Je n'étais pas le seul à l'aimer autant.

Muriel s’est en effet suicidée le 7 septembre 1995 à Paris, à l’âge de 52 ans, dans l’indifférence générale et aucun média ne lui a rendu hommage ni n’a signalé la nouvelle.
Pour moi, c'est un rideau qui tombe sur ces années d'enfance et d'adolescence, sur cet amour bien innocent.
Des artistes que j'aimais beaucoup ont disparu au fil des ans. On se fait une raison, cela rend triste, mais ce ne sont pas des personnes que l'on connaît dans la vie.
Mais là, cette fois, je n'ai pas l'impression que c'est une "idole" qui est partie.
C'est beaucoup plus.

 

 

"Si j'avais su que je l'aimais tant, je l'aurais aimée davantage" (Frédéric Dard)

 

 

 

 

 

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